Le bullet journal féminin a progressé de 25% chez les femmes de 20 à 35 ans

Un carnet quadrillé traîne dans un tiroir. Une application de to-do liste ouverte mais jamais vraiment utilisée. Et cette impression persistante que le temps file sans qu’on en soit vraiment l’autrice. C’est souvent de là que naît l’envie du bullet journal – pas d’une tendance Instagram, mais d’un besoin réel de reprendre les rênes.
En janvier 2023, une étude de marché relayée par Le Monde révélait que 25% de femmes supplémentaires entre 20 et 35 ans en France ont adopté le bullet journal. Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête, car il pointe quelque chose de tangible : un espace à soi, loin des algorithmes et des notifications.
Le bullet journal – ou bujo pour les initiées – n’est pas un agenda pré-imprimé. C’est un système inventé par le designer américain Ryder Carroll dans les années 2010, entièrement construit à la main, page après page. Les femmes qui s’y mettent y ajoutent leur patte : palettes de couleurs personnalisées, illustrations au stylo fin, citations glissées en coin de page, symboles inventés pour coder leur quotidien.
Ce qui frappe dans cette progression, c’est un paradoxe singulier. La communauté bujo se développe grâce aux réseaux sociaux – les hashtags #bulletjournal et #bujofrancais comptent des milliers de publications. Mais la pratique elle-même reste profondément analogique : un carnet, un stylo, du silence. En 2026, c’est presque un acte de résistance.
Les femmes qui pratiquent le bullet journal depuis plusieurs années décrivent toutes la même chose : une clarté mentale retrouvée. Pas parce que le carnet est joli. Mais parce qu’il force à écrire ce qui compte vraiment.
Quel matériel choisir pour débuter sans se ruiner ?
La première erreur des débutantes : passer deux heures sur Pinterest à admirer des pages impeccables, puis commander pour 80€ de matériel avant d’avoir ouvert un seul carnet. Résultat : le matériel prend la poussière et la culpabilité s’installe.
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La réalité est bien plus simple. Pour commencer un bullet journal qui dure, voici ce dont on a besoin :
- Un carnet à points (dotgrid): le format A5 est le plus pratique – ni trop grand ni trop petit pour glisser dans un sac. Les prix vont de 8€ (marques de papeterie classique) à 25€ pour les cahiers premium avec papier épais anti-transparence.
- Des stylos fins: deux ou trois feutres à pointe fine (0,4 mm) suffisent largement pour commencer. Une palette multicolore de base coûte entre 15 et 20€. Éviter les marqueurs épais – l’encre traverse et abîme les pages suivantes.
- Un stylo noir fiable: pour le texte courant, un simple stylo à encre noire de qualité fait parfaitement l’affaire.
- Des washi tapes (optionnel): ces rubans adhésifs décoratifs coûtent entre 2 et 5€ pièce. Agréables à utiliser, mais vraiment accessoires au début.
Stickers, pochoirs, tampons encreurs – tout ça peut venir plus tard, si l’envie est là. Mais une page bien structurée avec trois couleurs et une écriture soignée vaut mieux qu’une page surchargée d’éléments décoratifs qui noient l’information.
Repères matériel : ce qui change vraiment d’un carnet à l’autre

Parmi les éléments qui font la différence, certains sont décisifs. Entre un carnet qu’on abandonne et un qu’on finit, c’est souvent l’un de ces critères qui fait basculer.
| Critère | Entrée de gamme | Milieu de gamme | Premium |
|---|---|---|---|
| Grammage papier | 70-80 g/m² | 90-100 g/m² | 120 g/m² et plus |
| Transparence encre | Visible verso | Légère | Nulle |
| Reliure | Spirale ou collée | Cousue | Cousue + couverture rigide |
| Prix indicatif | 8-12€ | 15-20€ | 22-25€ |
Le grammage du papier arrive en première place. Avec des feutres aquarellables ou de l’encre plus fluide, un papier trop fin devient une catastrophe. Pour commencer sans prise de tête, viser au minimum 90 g/m².
Les 50 participantes mensuelles de Bullet Journal France partagent leurs secrets
Depuis 2021, l’association Bullet Journal France organise des ateliers mensuels de gestion de l’organisation personnelle, avec une moyenne de 50 participantes par session. Ce qui ressort de ces rencontres vaut son pesant d’or, parce que c’est du vécu – pas de la théorie Pinterest.
Première règle que partagent les bujoers expérimentées : établir un système de symboles dès le départ. Un point pour une tâche, un tiret pour une note, une étoile pour une priorité. Ce code devient automatique une fois installé. Et c’est là que le bullet journal commence à vraiment fonctionner.
Deuxième pratique commune : les pages de couverture mensuelles. Pas forcément élaborées. Parfois juste une couleur dominante et un mot qui résume l’intention du mois. Mais ce mini-rituel d’ouverture change quelque chose dans la façon d’aborder les semaines suivantes.
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Troisième secret qui surprend les débutantes : une page de gratitude ou d’affirmations, intégrée au planning hebdomadaire. Pas pour faire joli. Les participantes rapportent que noter trois choses positives par semaine modifie progressivement leur rapport à leur propre agenda.
Mais le message le plus fort de ces ateliers reste celui-ci : se donner la permission d’être imparfaite. Un bullet journal raturé, irrégulier, avec des semaines entières vierges parce que la vie a débordé – c’est un bullet journal vivant. La compétition esthétique des réseaux n’a rien à voir avec la pratique réelle.
Comment structurer un bullet journal pour mieux gérer son temps ?
La structure classique fonctionne pour une raison simple : elle respecte les différentes échelles de temps auxquelles on pense. Voici comment organiser les premières pages :
- Index (2-3 pages): le plan du cahier, mis à jour au fil des pages. pour retrouver une collection thématique trois mois plus tard.
- Vision annuelle: objectifs personnels et professionnels, grands rendez-vous, projets. Une vue d’ensemble qui recentre quand le quotidien déborde.
- Calendrier annuel miniature: une double page avec les 12 mois en petit. Idéal pour les dates clés et les vacances.
- Planificateurs mensuels: un calendrier visuel du mois et une liste des priorités du mois.
- Semaines détaillées: avec des espaces distincts pour le travail, la vie personnelle et le bien-être. Pas dans la même colonne.
- Collections thématiques: livres à lire, films, idées voyage, recettes à tester. Ces pages-là sont souvent les préférées.
Faut-il vraiment Instagram pour avoir un vrai bullet journal ?
Instagram est-il nécessaire pour pratiquer le bullet journal ?
Non. Le bullet journal existait bien avant Instagram et les carnets les plus utiles ne font jamais l’objet d’une publication. Partager ses pages peut être motivant, voire inspirant – les hashtags #bulletjournalfeminin et #bujofrancais rassemblent une communauté bienveillante. Mais si photographier ses pages crée une pression supplémentaire, si cela pousse à soigner l’apparence plutôt que le contenu, autant garder le carnet privé. Un bullet journal qui sert vraiment vaut mieux qu’un bullet journal qu’on regarde avec fierté mais qu’on n’utilise plus.
Comment éviter le syndrome de la page parfaite ?
En acceptant que la fonction prime toujours sur la forme. Une page moche qui aide à passer une semaine difficile vaut infiniment plus qu’une page superbe qui n’a jamais été relue. Les participantes des ateliers Bullet Journal France le confirment : les carnets les plus utilisés sont rarement les plus photogéniques. La croissance de 25% observée en 2023 s’est construite justement parce que cette pratique offre une alternative au perfectionnisme des réseaux – pas une nouvelle arène de comparaison.
Quelle fréquence pour tenir un bullet journal sans s’épuiser ?
Dix minutes le soir ou le matin suffisent. Certaines bujoers expérimentées consacrent une heure le dimanche à préparer leur semaine – c’est leur rituel, pas une obligation. Le bullet journal s’adapte au rythme de vie, pas l’inverse. Si une semaine entière passe sans ouvrir le carnet, on reprend là où on en est, sans culpabiliser.
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Mon verdict : le bullet journal est un acte concret de reprise en main
Après avoir exploré cette pratique – les données, les ateliers, les communautés – je suis convaincue que le bullet journal dépasse largement le statut d’organiseur élaboré. C’est un outil de clarté mentale, à condition de ne pas le transformer en projet esthétique à plein temps.
La hausse de 25% observée depuis 2023 parmi les femmes de 20 à 35 ans n’est pas un hasard. Elle correspond à une saturation du digital, à une fatigue des applications qui pensent à notre place et nous envoient des rappels sans nous demander ce qui compte vraiment. Un carnet ne juge pas. Il reçoit.
Les 50 participantes mensuelles des ateliers Bullet Journal France ne viennent pas apprendre à dessiner. Elles viennent reprendre contact avec leur propre agenda – leurs vrais projets, leurs vraies priorités, pas celles que les notifications dictent.
Et ce qui me plaît le plus dans cette pratique, c’est son accessibilité radicale. Un cahier à points à 8€ et deux stylos suffisent pour commencer. Pas d’abonnement, pas de mise à jour, pas de synchronisation. Juste une main qui écrit ce qui importe.
Mais soyons honnêtes : le bullet journal n’est pas pour tout le monde. Si l’idée d’écrire à la main semble contraignante plutôt que libératrice, une bonne application bien paramétrée vaut mieux qu’un carnet qu’on ouvre deux fois. L’outil importe moins que l’intention qu’il sert.
Si l’hésitation persiste, voici ce que je recommande : acheter un carnet à points basique, le garder deux semaines sans chercher à faire joli et noter chaque soir trois choses du lendemain. En quinze jours, la réponse sera évidente – dans un sens ou dans l’autre.
Cet article fait partie de notre dossier complet : Épanouissement personnel : 7 actions concrètes pour se réinventer.
